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mercredi 4 juin 2008

Gilles Garant ! Why not ?


Gilles Garant, directeur du Festival La Grande Rencontre
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Surprise à CIBL. Alors que je préparais tranquillement mon émission en écoutant Tradosphère Christiane Campagna, m’a proposé de recevoir Gilles Garant durant mon show. Why not ? C’est un plaisir de l’accueillir. C’est un passionné et un homme très dévoué au mouvement de la musique et de la culture traditionnelle. Pour l’avoir déjà interviewé, je savais qu’il répondrais généreusement aux questions. Gilles, directeur général et fondateur de La Grande Rencontre à Montréal, a donc partagé le studio avec moi pour parler de la seizième édition de ce festival qui se tient depuis quelques années au Parc Lafontaine, un endroit splendide que j’ai redécouvert à la faveur de ce grand happening traditionnel l’an dernier. Gilles m’a bien sûr présenté la programmation du festival. Parmi ceux qui se produiront cet été il y en a de bien connus comme les Charbonniers de l’enfer et des musiciens que je découvre comme la violoneuse Ann Lederman. C’est une femme originaire du Manitoba. Elle s’est beaucoup intéressée à la musique des métis. Elle a mené des recherches et a fait du collectage. Gilles Garant nous a expliqué que le répertoire métis compte bien des airs de musique traditionnelle québécoise. Ce seraient les coureurs des bois qui auraient «porté» cette musique depuis le Québec jusque dans l’Ouest. Parlant de violon, je souligne que la prochaine édition a pour titre le violon des peuples.

La Grande Rencontre accueillera aussi 4 groupes scandinaves : Trio Mio du Danemark, Svart Kaffe de Suède, Gamalnymalt de la Norvège, Lepistö + Lethi de Finlande. Des artistes québécois : Dentdelion, Genticorum, Kleztory,… Le porte-parole de l’événement, Michel Faubert donnera un spectacle avec les Charbonniers, bien sûr, mais également avec Jérôme Minière. Ensemble, Minière et Faubert interprèteront les pièces de l’album techno-trad La fin du monde, une excellente production qu’ils ont lancé il y a 2 ans et qui n’a, hélas, pas eu la diffusion radio qu’elle méritait. Well… Vous me direz qu’un paquet de bons albums sont totalement ignorés.

En allant consulter leur site www.granderencontre.com j’ai remarqué que la programmation n’y est pas encore affichée. Elle le sera bientôt. Je vous reparlerai certainement du Festival. Sachez que l’accès aux spectacles est gratuit (on vous suggère de mettre 5 $ dans le chapeau). Sachez aussi que La Grande Rencontre se déroule du 8 au 10 août.
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Sur la page d’accueil du site voici ce que l’on peut lire à propos de La Grande Rencontre.
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Depuis seize ans, le festival La Grande Rencontre valorise les musiques et les danses traditionnelles québécoises dans un contexte urbain, liées aux autres courants des musiques traditionnelles, folk et du monde, inscrivant ainsi le festival dans le concept de la diversité culturelle relié aux sources de la musique québécoise en constante évolution. Pour l’édition 2008, du 8 au 10 août, La Grande Rencontre présente LE VIOLON DES PEUPLES, une invitation à la découverte de la vitalité du patrimoine vivant québécois en lien avec les artistes du Canada, des États-Unis, de Finlande, de Suède, de Norvège, d’Écosse et des Balkans, illustrant les styles et les traditions musicales d’ici et d’ailleurs. La Grande Rencontre propose également d’autres activités culturelles: des veillées endiablées, des ateliers de transmission animés par des porteurs de tradition, des classes de maîtres et des sessions de musique inoubliables. Nous poursuivons, pour une deuxième année, deux soirées de «showcase» traditionnels.

mercredi 30 janvier 2008

Pis ? Vous l'avez regardée ?

Peut-être l’avez-vous regardé ? Je parle de la plus récente émission de 5 sur 5 présentée à Radio-Canada ou RDI, toujours disponible sur le site de Radio-Canada. Il y était question de la musique traditionnelle d’aujourd’hui. Les gens qui connaissent la musique traditionnelle contemporaine n’ont probablement pas appris grand chose et les gens qui en ignorent tout ont au moins retenu qu’elle existe et qu’elle se porte bien.

Tanya, télespectatrice à l’origine de cette émission (c’est elle qui, devant la caméra, demande d’où vient cet engouement pour la nouvelle musique traditionnelle) avec la complicité de la journaliste Nancy Desjardins, questionnent différentes personnes de la scène traditionnelle ou d’autres qui s’y intéressent.

Le premier qu’elles rencontrent à l’émission est le chanteur et violoneux Alain François. Il explique que ce n’est pas un véritable artiste traditionnel car il compose et écrit ses chansons. Il estime que c’est du néo-trad. Lorsqu’on lui demande pourquoi il y a un tel engouement pour la musique traditionnelle chez les jeunes il répond que les jeunes en entendent davantage. L’envahissante musique américaine et étrangère encourage les jeunes à se tourner vers cette musique pour des raisons identitaires.

Je suis le deuxième. Elles voulaient entendre quelques extraits de musique traditionnelle. J’en ai fait jouer une dizaine, en raison du temps alloué à l’émission 3 seulement ont été retenus. Je leur dit que Mes Aïeux a certainement contribué à la popularité de la musique trad (j’ai dû vous le dire 50 fois déjà).

Michel Faubert est également interviewé. Il explique entre autres choses qu’au Québec lorsqu’il a commencé il y avait des gens qui détestaient ça et d’autres qui en mangeaient jour et nuit. Il y avait une forme de polarisation. Il a raconté que les gens, qui comme lui jouaient de la musique traditionnelle, pouvaient souffrir de paranoïa « Tu joues du violon Michel ? Et ce dernier de répondre. Ouin, quossé tu veux dire ?. » Aujourd’hui on sent peut-être moins d’hostilité à l’égard du trad. Il termine son entretien en disant avec beaucoup d’à propos que l’on annonce depuis des décennies la mort et la disparition de cette musique, qu’elle surgit toujours alors qu’au fond ce n’est pas le cas elle vit toujours.

Elles ont aussi rencontré un responsable du Bar Vice & Versa qui tient des jams tous les mardis, initié par le violoneux Pascal Gemme et le guitariste Yann Falquet. Le bar est situé sur St-Laurent au coin de Beaubien (pas loin). Il explique aux filles qu’il s’est rendu compte qu’il y avait une bonne communauté de musiciens qui pratiquent la musique traditionnelle à Montréal. M. et Mme Tout le monde peut apporter son instrument et se greffer à ceux qui jament pour peu qu’il ou qu’elle sache jouer.

Gilles Garant, folkloriste et président fondateur de La Grande Rencontre était au Vice & Versa. Tanya lui a demandé comment il considère le trad d’aujourd’hui. Selon Gilles, « le trad d’aujourd’hui est à la mesure de toute une génération qu’il l’a repris. Les jeunes sont allés à l’école et sont mieux formés musicalement. On retrouve des jazzman, des bluesman, tous des gens qui choisissent de revenir aux sources. Ces jeunes s’inspirent de la tradition pour la mettre en continuité dans un courant musical, la musique du monde. »

J’ai beaucoup écrit. Vous auriez mieux fait de le regarder.