La semaine dernière vous avez lu dans ce blogue que Danielle Martineau a réalisé en 2003 un album, Hommage à Marius Barbeau, qui redonnait vie à des chansons traditionnelles qu’a collecté Marius Barbeau il y a bientôt un siècle. À cette époque, y avait-il beaucoup de contemporains de Marius qui se souciaient des chansons folkloriques, de leur valeur patrimonial ? J’ai lu que quelques uns avaient fait un peu de collectage mais jamais autant que le brave Marius. Ernest Gagnon, avant lui, avait colligé de nombreuses chansons dans un ouvrage intitulé chansons populaire du Canada seulement M. Barbeau a fait la démonstration qu’elles ne s’y trouvaient pas toutes, loin s'en fallait. Et ce Marius vous le connaissez ? Il est originaire de Sainte-Marie-de-Beauce où il est né en 1883. Il a fait des études en droit à l’Université Laval et en anthropologie à l’Université d’Oxford, notamment. En 1911 il commença à travailler comme anthropologue au Musée d’Ottawa jusqu’à sa retraite en 1948.
Marius s’est d’abord intéressé aux Amérindiens, à leurs chansons, coutumes, légendes, à leur art et leur organisation sociale. Ses recherches sur les Amérindiens lui ont appris que la culture française avait influencé et nourri les contes autochtones. Fort de cette découverte il a commencé à faire du collectage de chansons et de contes chez les Canadiens français. Un anthropologue américain, Franz Boas, l’aurait d’ailleurs fortement encouragé à poursuivre dans cette voie.
J’ai trouvé beaucoup de textes sur le net à propos de ce GRAND anthropologue. Le plus intéressant selon moi se trouve à cette adresse : http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=Q1ARTQ0000198.
En voici un court extrait.
« Chercheur infatigable, il fut le premier à ouvrir le champ de la recherche scientifique dans le domaine du folklore » (Réginald Hamel et autres, Dictionnaire pratique des auteurs québécois, Montréal 1976), c'est-à-dire à recueillir une documentation précise donnant l'endroit, la date et le nom du chanteur de chaque chanson recueillie; à transcrire de façon précise, à comparer les versions, à commenter la structure, la sémantique, la prosodie, etc. Il laissa derrière lui 13 000 textes originaux et des variantes de chansons indiennes et françaises, dont 8000 avec la mélodie. Il transcrivit au-delà de 3000 chants indiens en notation syllabique pour le texte et il inventa un système pour noter cette musique. Sachant qu'il avait reçu une formation musicale largement autodidacte, il est fascinant de constater qu'il pouvait transcrire la musique enregistrée sur cylindre et qu'il chantait avec authenticité des chants indiens.
J’allais oublier.
Je disais erronément la semaine dernière que la violoneuse Valérie Gauthier avait quitté Tu m’en diras tant. Le lendemain j’expliquais qu’elle n’avait quitté que pour mieux revenir. Elle a récemment accouché d’un beau bébé. C’est la flûtiste Evelyne Gélinas, membre des Langues Fourchues et de Galant tu perds ton temps, qui l’a remplacé.
jeudi 28 février 2008
Marius Barbeau
mercredi 20 février 2008
Hommage à Marius Barbeau
Nicolas Bellemare découvrait samedi dernier une autre version d’une chanson, J’ai vu, j’ai vu qu’il a entendu pour la première fois interprétée par Tu m’en diras tant. Il expliquait lundi que cette version se trouvait sur un cd qu’a réalisé Danielle Martineau il y a 5 ans, Hommage à Marius Barbeau, fruit d’un intéressant travail de recherche. Cet album réunit quelques chansons qu’a collectées M. Barbeau au début du 20 ème siècle réinterprétées par Eric Beaudry, Lisan Hubert, André Marchand et Danielle Martineau. Notez que l’interprétation qu’ils ont fait de ces chansons correspond dans une certaine mesure à la façon de chanter de ceux qui ont été enregistrés sur ruban de cire par Marius Barbeau. J’ai appris cela d’un entretien lu sur le net que Danielle Martineau a accordé à Pierre Chartrand, directeur du MNÉMO. http://www.mnemo.qc.ca/html/2001(53).html
En voici un extrait.
Pourquoi avoir choisi de ne travailler que sur le fonds Barbeau, puisque les collecteurs de chansons traditionnelles sont nombreux, tant au Musée des civilisations qu’aux Archives de l’Université Laval? Principalement parce que le fonds Barbeau constitue les plus vieilles collectes que nous ayons de notre chanson (les premières datent de 1916), et même de la chanson francophone puisque la France n’a pas de fonds aussi vieux, du moins de la même ampleur. Et comme je m’intéresse beaucoup à la manière de chanter, aux modes d’interprétation de notre répertoire, cela m’attirait d’étudier les voix des chanteurs d’un autre siècle (le XIXe s.)
Voici un deuxième extrait
Tu as donc choisi un certain nombre de chansons et des interprètes pour chacune de celles-ci ? C’est cela. En écoutant les enregistrements de Barbeau et le type de voix que j’entendais, et la personnalité que cela évoquait, je pensais souvent à un interprète d’aujourd’hui que je pressentais comme particulièrement apte à rendre la chanson en question.Par exemple, quand j’ai entendu Louis L’Aveugle, j’ai pensé qu’André Marchand rendrait très bien le caractère de cet interprète. Quand j’ai entendu Edouard Hovington, qui était un chanteur engagé de la Compagnie de la Baie d’Hudson pour les voyageurs qui faisaient de la traite de fourrures, j’ai pensé à Éric Beaudry à cause de sa voix très lyrique qui s’approchait de celle de l’informateur.Quant à Lisan Hubert elle avait le côté très direct et franc des femmes collectées par Barbeau. Puis il y a finalement moi comme interprète parce que … j’avais envie de le faire !
N.B. Je vous reparelerai de M. Barbeau la semaine prochaine.
Erratum
Hier, j’ai bêtement répété une rumeur sur ce blogue en disant que la violoneuse Valérie Gauthier quittait Tu m’en diras tant et serait remplacé par quelqu’un que l’on n’a pas voulu me dévoiler. Je précise aujourd’hui que son départ n’est que temporaire. La belle Valérie va bientôt accouché d’un enfant (peut-être qu’au moment où j’écris ces lignes elle donne le sein au bébé). Il y aura donc quelqu’un pour la remplacer ce samedi au Festival de St-Bernard-de-Michaudville.